lundi 16 novembre 2009

Gènes et dépendance

Grâce aux progrès de la recherche génétique peut-être serons-nous capables un jour de choisir les caractéristiques de notre progéniture. Fille ou garçon? Blond ou brun? Petit ou grand? Prédisposé à un problème de dépendance ou pas?


Les scientifiques se penchent désormais sur un possible "gène de l'addiction", soit une spécificité biologique qui rend une personne donnée plus vulnérable à un problème de dépendance que la population générale. Dans l'avenir, il est possible que nous puissions choisir d'avoir des enfants exempts de risque de maladie cardiaque ou d'obésité, alors pourquoi pas imaginer que l'on puisse également supprimer le gène de l'addiction de l'ADN avant même la naissance?

Le plus probable cependant, c'est qu'on ne trouve jamais un simple gène de l'addiction, la prédisposition à l'addiction résultant non seulement d'une interaction complexe entre de nombreux gènes mais également des facteurs sociaux, environnementaux ou même culturels qui interviennent bien après la naissance. En fait de très nombreux facteurs ont un rôle à jouer dans la prédisposition à un problème de dépendance.

Il demeure que certains gènes seraient plus "responsables" que d'autres, par exemple:

  • L'allèle A1 du récepteur dopaminergique DRD2 est plus courant chez les personnes dépendantes de l'alcool ou de la cocaïne
  • Les souris dont le gène Mpdz possède une activité accrue montrent une diminution de la sévérité du syndrome de sevrage de certains hypnotiques tels que les barbituriques;
  • Les souris auxquelles on a ôté le gène du récepteur cannabique Cnr1 ont une réponse moindre à la morphine;
  • Les souris sans récepteur sérotoninergique  Htr1b sont moins attirées par la cocaïne et l'alcool
  • Les souris dont les taux de neuropeptide Y sont moindres sont davantage attirées par l'alcool, alors que celles dont les taux sont plus élevés tendent à l'abstinence;
  • Les mouches rendues incapables de synthétiser la tyramine demeurent tranquilles après plusieurs doses de cocaïne;
  • Les souris ayant un gène Per2 défectueux boivent trois fois plus d'alcool que la normale;
  • Les non fumeurs ont deux fois plus de chance de disposer du gène CYP2A6 qui les rend davantage prédisposé aux vertiges et aux nausées liées au tabac; 
  • L'alcoolisme est rare chez les personnes disposant de deux copies du gène ALDH2

Bref, quel que soit le mélange de gènes dont vous héritez de vos parents, la dépendance ne sera jamais écrite d'avance dans votre destinée - pour être clair: le fait que votre "assemblage" génétique vous rende davantage prédisposé à la dépendance, ne fera pas automatiquement de vous un junkie gelé en permanence!  En fait, la dépendance est un phénomène encore largement incompris des scientifiques; il est cependant acquis qu'il résulte des interactions entre un individu donné - avec son bagage génétique - et son milieu, sa culture, la société dans laquelle il vit et bien entendu… les choix, bons ou mauvais, qu'il sera amené à faire dans sa propre vie.

La rédaction

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