
J’ai créé il y a 10 ans un organisme qui œuvre encore à ce jour dans le domaine humanitaire principalement pour les personnes souffrants de divers handicaps, tels que les problématiques neurologiques, orthopédiques ou autres.
Mon travail est devenu un vrai choix de vie et me procure beaucoup de bien être. Grâce à toutes les personnes que j’ai pu rencontrer au fil temps j’ai élargis mes horizons et changé tranquillement mes idées préconçues concernant les individus dit ‘exclus’.
Ainsi, suite à une demande faite par une talentueuse intervenante du Centre Dianova, j’ai accepté de recevoir dans mon centre équestre un autre volet de la souffrance humaine : la toxicomanie. Je me suis engagée dans cette démarche avec certaines craintes en lien avec ma méconnaissance des personnes affectées par ce problème. Je n’avais en fait aucune idée de qui ils étaient!!
Ma rencontre avec le premier groupe a été décisive… Après tout rien ne les distinguait des autres personnes et je me sentais donc rassurée. Je découvrais des êtres humains avec leurs craintes, leurs peurs, leurs joies et leurs besoins…
Avec le temps j’ai réalisé que chaque fois que le groupe venait à l’écurie les attitudes des uns et des autres changeaient, ils se sentaient plus à l’aise, faisaient preuve de beaucoup de politesse envers tout le monde à l’écurie et ils se montraient de plus en plus serviable. Ils avaient du plaisir à venir à l’écurie et côtoyer ainsi les habitués de ce milieu. Dans leurs yeux ont pouvaient voir un message très touchant : « nous nous sentons utiles et acceptés, merci!! ».
Les résidents du Centre Dianova ont toujours eu ici, une attitude qui démontrait un extraordinaire penchant pour l’entraide, ces jeunes ont besoin de se sentir utiles et ils comprennent mieux que personne la douleur du vide intérieur. Ils veulent sortir de l’isolement, s’accomplir et surtout, je pense, ne veulent plus décevoir ceux qui vont leur donner une chance.
Face à un enfant handicapé, ils deviennent eux même des enfants, ils sourient, jouent et veulent tellement aider…
J’ai été, et suis encore à ce jour, une spectatrice attentive. J’observe l’évolution de chacun des résidents qui participent à nos activités conjointes et je constate toujours avec autant d’étonnement comment des personnes qui ont autant souffert et qui se battent si fort pour leur survie, font pour donner le meilleur d’eux même dès que l’occasion se présente.
De nos jours il est dommage que nous nous accordions trop facilement le droit au jugement. Éducation ou hypocrisie? Je ne sais pas. Nous devrions éviter de mettre une étiquette sur ceux qui ont un passé tumultueux ou qui ont fait des mauvais choix de vie, ou encore sur les personnes exclues en général. Aider ces gens à se revaloriser et à grandir à travers des actions simples c’est leurs donner la possibilité de croire qu’il peut exister une voie vers le bonheur dans la vie quand on a touché le fond.
Nous avons tous besoins des autres….Voici mon message d’espoir pour une vie meilleure
Merci Coralie Robins pour ce texte, j'ai pu constater combien la simple présence de l'animal, son besoin d'attention et de soins, pouvaient modifier profondément les comportements. D'autant plus chez des personnes qui sont en train de changer, de remettre en question leur vie, avec ce que cela suppose de colère, de souffrance, de renoncement parfois. Il serait souhaitable que ce genre d'instrument (penser au cheval en tant qu'instrument, c'est un peu aller loin, mais vous voyez ce que je veux dire) soit intégré de façon plus générale aux centres de soins qui accompagnent ces personnes. Sans doute manque-t-il le nerf de la guerre comme on dit, l'argent. Mais tout n'est pas qu'une question d'argent, celui ci doit servir à la communauté pour des initiatives valables, qui peuvent faire la différence dans la vie des personnes.
RépondreSupprimerPB