Mais Pour certains, la pratique peut devenir « problématique » ou « excessive ». L’excès se manifeste par trop d’argent dépensé et/ou trop de temps passé à jouer, et témoigne d’une perte de contrôle. Il est essentiel de repérer les sujets dans cette phase, avant qu’ils ne développent une pratique « pathologique » du jeu, marquée par une dépendance et des dommages à long terme.
On estime à environ 180 000 personnes le nombre de Québécois se trouvant dans la situation de jeu problématique, voire pathologique.
Comment repérer le jeu excessif?
Un questionnaire très simple pour identifier un problème de jeu:
- Etes-vous préoccupé de manière constante par des expériences de jeu, passées ou à venir, ou par le moyen de trouver de l’argent pour jouer ?
- Avez-vous besoin de jouer avec des sommes d’argent de plus en plus élevées pour atteindre l’état d’excitation désiré ?
- Avez-vous fait des efforts répétés mais sans résultat pour contrôler, réduire ou arrêter de jouer ?
- Etes-vous agité ou irritable lors de vos tentatives pour réduire ou arrêter de jouer ?
- Jouez-vous pour fuir les difficultés de la vie ou pour affronter des humeurs indésirables ?
- Après avoir perdu, retournez-vous jouer pour essayer de vous refaire ?
- Avez-vous menti à votre famille et à vos relations pour dissimuler la véritable ampleur de vos habitudes de jeu ?
- Avez-vous commis des actes illégaux (fraudes, falsifications, vols, détournements de fonds) pour financer vos habitudes de jeu ?
- Avez-vous mis en danger ou perdu une relation affective importante, un emploi, des possibilités d’études ou de carrière à cause du jeu ?
- Vous arrive-t-il de compter sur les autres pour obtenir de l’argent et pour vous sortir de situations désespérées à cause du jeu ?
Compulsif, excessif, addictif... Qu'est-ce que ça veut dire?
Un comportement compulsif signifie qu'il est répétitif et effectué pour réduire une souffrance ou un état de tension intérieure. Il se manifeste par son aspect contraignant.
Lorsque le jeu devient excessif, on retrouve le caractère compulsif de la conduite. La personne perd progressivement sa liberté et se sent petit à petit « obligée » de retourner jouer.
Par ces aspects, le jeu pathologique présente des points communs avec d’autres troubles, liés à l’utilisation de substances psychoactives (alcool, tabac, substances illicites ou certains médicaments) ou à des comportements compulsifs (achats, sexualité, crises de boulimie…). Ces troubles sont regroupés sous le terme commun d’addiction ou de dépendance.
Les intervenants
Le jeu excessif et le jeu pathologique nécessitent le plus souvent une prise en charge spécialisée et associant les intervenants de différents champs, médical, psychologique et social. En effet, le trouble va entraîner une souffrance chez l’individu, mais aussi son entourage. Certaines complications psychologiques (dépression, anxiété, abus d’alcool, etc.) peuvent apparaître, de même que des difficultés sociales, financières, professionnelles, voire judiciaires.
Le médecin traitant est un acteur indispensable de cette prise en charge, et souvent le premier à intervenir et à diriger vers une équipe prodiguant les soins adaptés.
Les méthodes
Les soins reposent avant tout sur l’approche psychologique. Différentes modalités de psychothérapie s’offrent au joueur pathologique, à définir avec le thérapeute. Il est fréquent aussi de lui proposer de participer à un groupe de parole où il peut partager son expérience avec d’autres joueurs et tenter de trouver des solutions.
Les médicaments ont pour l’instant une place très limitée (traitement des complications psychiatriques).
Des mesures « spécifiques » existent, telle que l’interdiction de fréquenter les casinos, interdiction d’accéder aux sites de jeux en ligne, les mesures de curatelle pour mieux gérer son argent…
A qui s'adresser
Votre médecin traitant peut vous indiquer les coordonnées d'une structure de soins proche de chez vous.
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