vendredi 4 décembre 2009

Quand le jeu devient danger


Jeu du foulard, jeu de la tomate, petit pont massacreur, roulette, rising sun, space cowboy, space monkey, american dream… Des noms évocateurs pour des jeux interdits...

Les cours d'école peuvent être le théâtre de jeux parfois cruels, parfois dangereux. De plus en plus d'enfants et d'adolescents s'adonnent ainsi au "jeu du foulard" et mettent leur vie en danger avec une pratique qui s'apparente à une addiction.

Le "jeu du foulard" est un "jeu" d'étranglement qui se pratique seul ou en groupe et dont l'objectif est de provoquer un évanouissement, en principe de très courte durée, réputé provoquer une sensation de bien-être et de flottement.
Le "jeu" se pratique généralement en groupe et consiste à exercer une forte pression sur les veines carotides avec les doigts, ou à l'aide d'un lien (foulard): privé de l'arrivée de sang, le cerveau n'est plus oxygéné, ce qui entraîne un évanouissement. Dans le principe, il ne s'agit pas d'un jeu violent, mais d'une pratique à risques. Le "jeu" ne comporte pas d'agresseur ni de victime et chacun est consentant.

Il s'agit cependant d'une pratique très dangereuse: l'absence d'oxygénation du cerveau peut provoquer un arrêt cardiaque aux conséquences plus ou moins graves, tandis que les conséquences sur le cerveau peuvent être gravissimes: passé trois minutes de privation d'oxygène, les altérations du cerveau s'aggravent seconde après seconde. Les séquelles peuvent aller de la destruction complète de certaines fonctions cérébrales (on devient alors un "légume"), jusqu'à la mort.

Combien sont concernés?

Même s'ils ne pratiquent pas régulièrement le "jeu du foulard", un grand nombre d'adolescents, voire d'enfants, peuvent être concernés. En 2007, une enquête menée par l'association des parents d'enfants accidentés par strangulation (APEAS) indiquait que 4% des élèves français de plus de 15 ans connaissant le "jeu du foulard" l'avaient déjà expérimenté, soit par extrapolation près d'un million et demi de personnes.

Le "jeu du foulard" est également présent aux Etats-Unis et au Canada: l'association GASP (Games Adolescents Shouldn't Play), présente en Ontario, estime qu'aux Etats-Unis seulement, entre 250 et mille adolescents sont chaque année victimes de l'une ou l'autre variante des jeux de suffocation. Les chiffres sont largement imprécis, simplement parce que le décès survient généralement lorsque l'enfant ou l'adolescent s'est risqué à la pratique du jeu en étant seul – le décès passe alors souvent pour un suicide.

Qui est concerné?

Des collégiens très jeunes, généralement entre 11 et 13 ans, et plutôt des garçons. On distingue trois profils: les occasionnels représentent la très grande majorité. Ils ont pratiqué au moins une fois, dans l'objectif d'essayer une expérience nouvelle, comme on le fait souvent au début de l'adolescence: recherche de sensations fortes, volonté de s'intégrer à un groupe d'amis, de ne pas passer pour un lâche ou un "niaiseux".

Les pratiquants réguliers sont beaucoup moins nombreux, même si leur nombre demeure très difficile à évaluer. Ce sont souvent des adolescents habitués à d'autres conduits à risques, comme l'abus d'alcool ou d'autres drogues.

Comportement addictif

A la suite d'une expérience d'évanouissement par le "jeu du foulard", il existe deux suites possibles. Soit le jeune ne recommencera pas, car il a eu mal ou il a eu peur, soit il a retiré de l'expérience un certain plaisir et il recommencera avec ses cheums le plus souvent possible ou lorsqu'il est tout seul. Et c'est là que réside le plus grand risque, car il n'y aura personne pour desserrer les liens et les ranimer si les choses tournent mal.

A savoir: Colloque International de l'association des parents d'enfants accidentés par strangulation, les 3 et 4 décembre 2009, à Paris. Rencontres de médecins pédiatres, psychiatres, éducateurs et sociologues venus d'Europe, du Canada et des Etats-Unis.

mercredi 2 décembre 2009

L'édito de la rédaction

Les connaissances sur l'épidémiologie de l'infection à VIH s'affinent en même temps que l'on comprend mieux les mécanismes sociaux qui favorisent le risque de contamination, lesquels sont d'ailleurs en évolution constante de région en région. Malgré certaines avancées spectaculaires en termes d'accès aux traitements, les effets de l'épidémie demeurent dévastateurs dans les régions les plus vulnérables, notamment en Afrique sub-saharienne. Pourtant, la fatalité n'existe pas dans ce domaine: on sait comment réduire la transmission et améliorer la prise en charge des malades. Encore faut-il que les connaissances engrangées par les scientifiques, les experts et les acteurs de terrain débouchent non sur des décisions politiques, mais sur de véritables actions politiques.
Il faut développer les moyens financiers, humains et matériels qui permettront de développer les modalités spécifiques de prévention là où ils sont efficaces. Il faut accélérer l'accès aux traitements et organiser l'ensemble de la chaîne de soins (formation des soignants, disponibilité des traitements et des moyens techniques, information des malades, soutien des proches). Pour accélérer la dynamique de recul du VIH, il est essentiel d'encore améliorer le travail de collaboration entre l'action des gouvernements et celles des acteurs de terrain, la myriade d'initiatives associatives ou privées qui demeure le socle de la réponse au sida.

Quoi de neuf sur le front du sida?

Selon l'ONUSIDA, l'épidémie est en recul. Les nouvelles infections ont diminué de 17% en huit ans, tandis que le nombre de décès liés au sida a chuté de près de 10% au cours des cinq dernières années. Pourtant, les effets des thérapies antirétrovirales font qu'il n'y a jamais eu autant de personnes vivant avec le VIH/sida - 33,4 millions de personnes, dont 22,4 millions en Afrique.

La situation dans les différentes régions du monde

Afrique sub-saharienne: c'est la région du monde de loin la plus affectée – l'épidémie continue d'avoir des répercussions énormes sur les familles, les services publics et les économies nationales. En revanche, l'accès aux thérapies antirétrovirales est en augmentation rapide.

Asie: la région est deuxième au regard du nombre de gens vivant ave le VIH.  L'épidémie, longtemps réservée à certaines catégories de population (usagers de drogues par injection, travailleuses du sexe et homosexuels), s'étend désormais par le biais de la transmission hétérosexuelle.

Europe de l'Est et Asie centrale: Ce sont les seules régions où la prévalence du VIH est en nette augmentation, par le biais principal de l'usage de drogues par injection. Par ailleurs, la transmission sexuelle s'accroît avec l'augmentation des pratiques sexuelles à risques des usagers de drogues.

Caraïbes: c'est la région la plus durement affectée après l'Afrique sub-saharienne; la transmission hétérosexuelle liée à la prostitution est la principale cause de transmission. Néanmoins on observe une augmentation de la transmission du VIH parmi les homosexuels masculins.

Amérique latine: la transmission parmi les homosexuels masculins est la plus importante. Malgré d'importants foyers d'infection parmi les usagers de drogues IV ou les travailleurs du sexe, ces derniers ne sont concernés que par peu de programmes de prévention.

Afrique du Nord et Moyen-Orient: l
'épidémie se concentre parmi les usagers de drogues IV, les homosexuels masculins et les travailleurs du sexe et leurs clients, à l'exception de Djibouti et du Soudan occidental, où la transmission s'étend à la population générale.

Amérique du Nord, Europe centrale et occidentale: les progrès réalisés dans la réduction du nombre de nouvelles infections marquent le pas. Entre 2000 et 2007, le taux de nouvelles infections a doublé en Europe. Aux USA, on estime que le nombre de nouvelles infections en 2006 était 40% supérieur à l'estimation préalable.